Certes, je n'en avais pas envie, mais il était grand temps de laisser les rancoeurs de côté ; quinze ans que nous étions brouillés. C'est long quinze ans...
Cette année-là, j'avais décidé d'ignorer mon antipathie envers lui et de profiter de chaque moment de cette fête. J'allais l'affronter et le regarder bien en face. Non, cette fois, il ne me mettrait pas le moral en berne. Je savais, de toute façon, que je ne pouvais pas y échapper.
Enfant, je l'aimais bien pourtant. Il me gâtait, me faisait rire et m'enchantait. Ensuite, je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais il a commencé par m'ennuyer... Chaque fin d'année, ce vieux ringard était là avec ses cadeaux, son champagne, ses bougies, son sapin outrageusement décoré, ses chansons mièvres, ses faux mystères pour séduire les enfants, ses invités quelque peu blasés et ses repas gargantuesques et interminables !
L'arrivée de mes filles a, un peu, atténué ma lassitude, car elles l'aiment bien. Tous les enfants l'aiment bien d'ailleurs.
Qui aurait pu se douter de mon aversion ? Personne ! J'usais de fourberies. Je revêtais mes beaux habits de fête, j'enfilais mon masque de bonne humeur et l'allégresse était plausible.
Pas une fois, il n'a tenu rigueur de mon hypocrisie. Au contraire, toujours aussi généreux, il passait sur ma mauvaise volonté en taquinant mes faiblesses ; chocolat et marrons glacés.
J'avais donc décidé de me réconcilier avec lui. Le temps des conflits était aboli. L'âge incite à la sagesse.
Comment avais-je pu le trouver ennuyeux !? Comment avais-je pu m'enfermer durant quinze ans dans des préjugés ?! Comment avais-je pu le subir au lieu de l'apprécier à sa juste valeur !? Je n'avais été qu'une rabat-joie aigrie, incapable de savourer ses bonheurs simples, son prestige et de croire en ses contes.
En fait, je l'ai trouvé merveilleux !
Je crois que c'est mon plus beau réveillon de Noël. Je me suis enfin réconciliée avec Noël.
Cependant, si j'ai retrouvé mon âme d'enfant, il me faudra, pour pénitence, jusqu'à la fin de ma vie, regretter toutes ces années perdues et ces Noël galvaudés...
Savoir apprécier Noël
Je crois qu'il y a des milliers de personnes qui ressentent cette angoisse avant et pendant les fêtes de Noël. Noël m'apportait un blues terrible, alors, je le vivais mal et n'en profitais pas...
Quel gâchis !
Certes, Noël coûte cher, les repas familiaux peuvent parfois paraître de mauvais augure et l'on s'empiffre comme quatre, tout en culpabilisant, parce qu'un tiers de la planète, si ce n'est pas plus d'ailleurs, crève de faim.
Mais, n'est-ce pas le pire des affronts de bouder notre plaisir et de jouer les difficiles ?
Noël est incontournable, chaque année il est et sera là. Alors autant en profiter avec bonheur, au lieu de jouer les enfants gâtés plein de préceptes à deux balles et honteux face à ceux qui n'ont pas cette chance... Ne pas en profiter ne les rendra pas plus heureux... Et notre devoir est peut-être de rendre heureux nos proches, avant tout...
Au lieu de subir Noël, prenez la décision de le vivre pleinement, sans préjugés et, je vous le souhaite, vous verrez que c'est magique...!
Noël n'est pas un jour ni une saison, c'est un état d'esprit... Ce qui compte à Noël, ce n'est pas de décorer le sapin, c'est d'être tous réunis... Celui qui n'a pas Noël dans le coeur ne le trouvera jamais au pied d'un arbre... L'enfance c'est de croire qu'avec le sapin de Noël et trois flocons de neige toute la terre est changée...
Joyeux Noël à tous !!
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